Skip to main content

Divorce amiable : obtenir un accord rapide et équitable grâce à votre avocat

Par Divorce amiable8 minutes (temps de lecture estimé)

Le divorce amiable, appelé communément divorce par consentement mutuel, est une procédure de séparation simplifiée et accessible, permettant aux époux de divorcer sans passer par un juge, à condition qu’ils soient d’accord sur l’ensemble des modalités de leur séparation. Ce type de divorce gagne en popularité en raison de sa rapidité et de son caractère consensuel. Toutefois, bien qu’il soit moins conflictuel que d’autres types de divorce, il reste une démarche juridique qui nécessite un accompagnement rigoureux, notamment par des avocats. Cet article, explique comment fonctionne ce type de divorce et en quoi l’intervention des avocats est indispensable pour garantir une séparation rapide et équitable.

Qu’est-ce que le divorce par consentement mutuel ?

Le divorce par consentement mutuel repose sur l’accord des deux époux sur tous les aspects de leur séparation : garde des enfants, pension alimentaire, prestation compensatoire, partage des biens, etc. Ce mode de divorce se distingue par son approche apaisée et collaborative, contrairement aux divorces contentieux, où le désaccord peut mener à des conflits prolongés devant les tribunaux.

Depuis 2017, cette procédure s’effectue sans passer par un juge, sauf si un enfant mineur demande à être entendu par le magistrat. Cela signifie que les époux, avec leurs avocats respectifs, rédigent une convention de divorce détaillant les modalités de leur séparation. Cette convention est ensuite enregistrée par un notaire, ce qui lui confère une force exécutoire.

Les étapes du divorce par consentement mutuel

Voici les principales étapes à suivre pour mener à bien un divorce amiable :

1. Prise de décision commune. Les deux époux doivent être d’accord sur le principe même du divorce et sur toutes ses conséquences, qu’elles soient financières ou personnelles. Cela inclut des discussions approfondies sur des sujets comme la garde des enfants ou la répartition du patrimoine.

2. Choix des avocats. Chaque époux doit obligatoirement être assisté par son propre avocat. Ce dernier veille à ce que les droits et les intérêts de son client soient respectés tout au long de la procédure. Cela garantit l’équité dans la répartition des responsabilités et des biens.

3. Négociations et rédaction de la convention. Une fois les termes du divorce définis, les avocats travaillent ensemble pour rédiger une convention de divorce. Ce document détaille les décisions prises concernant le partage des biens, la garde des enfants, les pensions alimentaires et tout autre aspect pertinent.

4. Signature et dépôt chez le notaire. Après un délai de réflexion de 15 jours suivant la réception du projet de convention, les époux signent le document en présence de leurs avocats. La convention est ensuite transmise à un notaire qui la valide en l’enregistrant. Ce dépôt lui confère une force juridique équivalente à celle d’un jugement.

5. Exécution des dispositions. Une fois la convention enregistrée, elle est applicable immédiatement. Les époux doivent alors se conformer aux termes définis, qu’il s’agisse de transfert de biens ou de l’organisation de la vie des enfants.

Le rôle de l'avocat dans le divorce par consentement mutuel

Le rôle de l’avocat dans un divorce par consentement mutuel est triple :

Conseiller son client et protéger ses intérêts

L’avocat informe son client sur ses droits et obligations, analyse sa situation spécifique (notamment sur le plan patrimonial et familial) et lui explique les conséquences juridiques des différentes options envisagées. Il veille à ce que son client ne subisse pas de désavantages dans la répartition des biens ou dans les modalités de garde des enfants. Par exemple, il s’assure que la pension alimentaire est équitable ou que le partage des biens respecte le régime matrimonial applicable.

Négocier et rédiger la convention de divorce

La rédaction de la convention de divorce est une tâche technique qui nécessite une expertise juridique pointue. Si vous disposez d’un patrimoine important, il est essentiel de vous adresser à un avocat spécifiquement formé à la liquidation des régimes matrimoniaux, une tâche qui peut se révéler dans certains cas extrêmement complexe. De façon plus générale, les avocat s’assurent que la convention est conforme à la loi, claire et exhaustive pour éviter tout litige futur. Ils doivent s’assurer que les époux ont bien compris toutes les implications de la convention avant de la signer car, une fois validée par le notaire, elle s’applique de manière contraignante.

Garantir une procédure rapide, sereine, et à un coût maîtrisé

Les avocats jouent également un rôle de médiateurs. Ils aident leurs clients à trouver des compromis lorsque des désaccords surgissent en favorisant un dialogue constructif, un rôle particulièrement bénéfique lorsque des enfants sont impliqués. Leur intervention permet ainsi d’accélérer la procédure : en règle générale, il faut compter entre 1 et 6 mois sous réserve d’un accord complet et en l’absence du rachat d’un bien immobilier, contre plusieurs années pour certains divorces contentieux. En outre, le divorce par consentement mutuel reste par sa simplicité une procédure beaucoup moins coûteuse que le divorce judiciaire qui occasionne d’importants frais de justice.

Les limites du divorce par consentement mutuel

Si le divorce par consentement mutuel est une solution idéale pour les couples qui souhaitent se séparer dans de bonnes conditions, il ne convient pas à toutes les situations. Dans certains cas, un divorce judiciaire est préférable, voire obligatoire. Citons ici les situations les plus fréquentes :

● Lorsque des désaccords subsistent entre les époux sur des points clés tels que la garde des enfants, le droit de visite et d’hébergement, le montant de la pension alimentaire, de la prestation compensatoire, ou de la répartition des biens.

● Lorsque l’un des enfants mineurs du couple exprime le souhait d’être entendu par un juge, le divorce par consentement mutuel est impossible. Ce droit, garanti par la Convention internationale des droits de l’enfant et la loi française, permet à l’enfant de faire valoir ses points de vue sur les modalités qui le concernent. Dans ce cas, la procédure se déroule devant un juge aux affaires familiales (JAF).

● En cas de violences conjugales (physiques, psychologiques ou économiques) ou lorsque l’un des époux se trouve en situation de vulnérabilité face à l’autre (peur, pression, dépendance financière), un divorce judiciaire est parfois préférable. Cela garantit une protection pour la victime et permet au juge de s’assurer que les décisions sont équitables.

● Lorsque l’un des époux est sous tutelle ou curatelle en raison d’une incapacité juridique, il ne peut pas signer librement une convention de divorce. Dans ce cas, le divorce doit être prononcé par un juge, qui veille au respect des droits de la personne protégée, souvent représentée par son tuteur ou curateur.

● Lorsque l’un des époux vit dans un pays où le divorce par consentement mutuel n’est pas reconnu, un divorce judiciaire peut s’imposer.

Conclusion

Le divorce par consentement mutuel est une procédure simple et efficace pour mettre fin à un mariage de manière apaisée. Cependant, il repose sur un cadre juridique précis et nécessite l’intervention de deux avocats, qui jouent un rôle clé dans la protection des intérêts de chaque partie et dans la rédaction d’une convention conforme à la loi.

Opter pour ce type de divorce, c’est faire le choix d’une séparation respectueuse et constructive. Avec un accompagnement juridique adapté, les époux peuvent tourner la page sereinement tout en préservant leurs droits et en veillant au bien-être de leur famille.

Maître Alice CARLI

Installée à Ruoms, au coeur de l'Ardèche méridionnale, Maître Carli intervient uniquement dans deux grands domaines du droit : le droit de l’immobilier et le droit de la famille. Maître Carli est diplômée de la Haute École des Avocats Conseils de Versailles, de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas.